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On ne peut pas réparer la chair qui a  été blessée, on  ne se console pas  de l’absence de  nos morts.
Je rejoins les miens, loin des démons…….

On ne peut pas réparer la chair qui a été blessée, on ne se console pas de l’absence de nos morts.

Je rejoins les miens, loin des démons…….

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Démocratie?

Le commandant Matelly est viré de la gendarmerie

Le chef d’escadron Jean-Hugues Matelly a été radié des cadres de la gendarmerie nationale par “mesure disciplinaire” par un décret du président de la République, nous apprend l’AFP. Cette mesure, qui fait l’objet d’un décret du 12 mars, a été “signifiée ce jeudi” à l’intéressé, a précisé son avocat Me David Dassa-Le Deist. La Direction générale de la gendarmerie a été prévenue de cette décision le 22 mars. L’officier ne sera plus gendarme dès ce soir minuit. Si la décision est éxécutoire, il reste des voies de recours auprès du Conseil d’Etat; d’abord en référé puis sur le fond. Interrogé par nos soins, le commandant Matelly se déclare “surpris et atterré. Surpris par ce qu’après plusieurs mois d’attente,j’espérais que la sagesse l’emporterait. Atterré  par la gravité de la sanction par rapport aux faits qui me sont reprochés”. Courant octobre 2009, un conseil d’enquête de la gendarmerie avait proposé la “radiation des cadres” de cet officier supérieur visé par une procédure disciplinaire pour “manquement grave” à son obligation de réserve. La décision de suivre la proposition de sanction appartenait en dernier ressort au président de la République. Connu pour ses positions contestataires au sein de la Gendarmerie, très proche du forum Gendarmes et citoyens, Jean-Hugues Matelly est sanctionné pour s’être prononcé publiquement contre le rapprochement police-gendarmerie et le rattachement de son arme au ministère de l’Intérieur. L’officier expliquait s’être exprimé comme chercheur associé au CNRS, ce qu’il est également, au sein du Cesdip, un groupe animé par le sociologue Laurent Mucchielli, très hostile à la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Jean-Hugues Matelly avait pourtant reçu également le soutien d’Alain Bauer, un proche et conseiller du chef de l’Etat, mais cela ne semble pas avoir suffi. Cette sanction est rarissime. Même si Matelly était assez isolé au sein de la Gendarmerie, elle risque d’attiser les tensions dans un corps qui vit très mal son rapprochement forcé avec la Police. Cet officier est sanctionné pour s’être exprimé. Dans un contexte bien plus grave, le général de Bollardière n’avait pas été rayé des cadres, à la suite de ses propos dénonçant la torture en Algérie, qui lui avait pourtant deux mois de forteresse. Quant aux officiers de gendarmerie, condamnés au pénal dans l’affaire des paillotes corses, ils n’ont pas fait l’objet de sanctions disciplinaires.

L’AMOUR ET LA MORT

L’amour et la mort

(A M. Louis de Ronchaud)

I

Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l’un de l’autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu’osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.

Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu’un élan d’espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu’au néant vous jetez, dans l’ivresse
D’un instant de bonheur ?

Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : “Aime et meurs ici-bas ! ”
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n’échapperez pas.

Eh bien ! puisqu’il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l’immense Nature,
Aimez donc, et mourez !

II

Non, non, tout n’est pas dit, vers la beauté fragile
Quand un charme invincible emporte le désir,
Sous le feu d’un baiser quand notre pauvre argile
A frémi de plaisir.

Notre serment sacré part d’une âme immortelle ;
C’est elle qui s’émeut quand frissonne le corps ;
Nous entendons sa voix et le bruit de son aile
Jusque dans nos transports.

Nous le répétons donc, ce mot qui fait d’envie
Pâlir au firmament les astres radieux,
Ce mot qui joint les coeurs et devient, dès la vie,
Leur lien pour les cieux.

Dans le ravissement d’une éternelle étreinte
Ils passent entraînés, ces couples amoureux,
Et ne s’arrêtent pas pour jeter avec crainte
Un regard autour d’eux.

Ils demeurent sereins quand tout s’écroule et tombe ;
Leur espoir est leur joie et leur appui divin ;
Ils ne trébuchent point lorsque contre une tombe
Leur pied heurte en chemin.

Toi-même, quand tes bois abritent leur délire,
Quand tu couvres de fleurs et d’ombre leurs sentiers,
Nature, toi leur mère, aurais-tu ce sourire
S’ils mouraient tout entiers ?

Sous le voile léger de la beauté mortelle
Trouver l’âme qu’on cherche et qui pour nous éclôt,
Le temps de l’entrevoir, de s’écrier : ” C’est Elle ! ”
Et la perdre aussitôt,

Et la perdre à jamais ! Cette seule pensée
Change en spectre à nos yeux l’image de l’amour.
Quoi  ! ces voeux infinis, cette ardeur insensée
Pour un être d’un jour !

Et toi, serais-tu donc à ce point sans entrailles,
Grand Dieu qui dois d’en haut tout entendre et tout voir,
Que tant d’adieux navrants et tant de funérailles
Ne puissent t’émouvoir,

Qu’à cette tombe obscure où tu nous fais descendre
Tu dises : ” Garde-les, leurs cris sont superflus.
Amèrement en vain l’on pleure sur leur cendre ;
Tu ne les rendras plus ! “

Mais non ! Dieu qu’on dit bon, tu permets qu’on espère ;
Unir pour séparer, ce n’est point ton dessein.
Tout ce qui s’est aimé, fût-ce un jour, sur la terre,
Va s’aimer dans ton sein.

III

Eternité de l’homme, illusion ! chimère !
Mensonge de l’amour et de l’orgueil humain !
Il n’a point eu d’hier, ce fantôme éphémère,
Il lui faut un demain !

Pour cet éclair de vie et pour cette étincelle
Qui brûle une minute en vos coeurs étonnés,
Vous oubliez soudain la fange maternelle
Et vos destins bornés.

Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires
Seuls au Pouvoir fatal qui détruit en créant ?
Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères
En face du néant.

Vous dites à la Nuit qui passe dans ses voiles :
” J’aime, et j’espère voir expirer tes flambeaux. ”
La Nuit ne répond rien, mais demain ses étoiles
Luiront sur vos tombeaux.

Vous croyez que l’amour dont l’âpre feu vous presse
A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ;
La fleur que vous brisez soupire avec ivresse :
“Nous aussi nous aimons !”

Heureux, vous aspirez la grande âme invisible
Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ;
La Nature sourit, mais elle est insensible :
Que lui font vos bonheurs ?

Elle n’a qu’un désir, la marâtre immortelle,
C’est d’enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor.
Mère avide, elle a pris l’éternité pour elle,
Et vous laisse la mort.

Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ;
Le reste est confondu dans un suprême oubli.
Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître :
Son voeu s’est accompli.

Quand un souffle d’amour traverse vos poitrines,
Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus,
Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines
Vous jettent éperdus ;

Quand, pressant sur ce coeur qui va bientôt s’éteindre
Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas,
Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre
L’Infini dans vos bras ;

Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure
Déchaînés dans vos flancs comme d’ardents essaims,
Ces transports, c’est déjà l’Humanité future
Qui s’agite en vos seins.

Elle se dissoudra, cette argile légère
Qu’ont émue un instant la joie et la douleur ;
Les vents vont disperser cette noble poussière
Qui fut jadis un coeur.

Mais d’autres coeurs naîtront qui renoueront la trame
De vos espoirs brisés, de vos amours éteints,
Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme,
Dans les âges lointains.

Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,
Se passent, en courant, le flambeau de l’amour.
Chacun rapidement prend la torche immortelle
Et la rend à son tour.

Aveuglés par l’éclat de sa lumière errante,
Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea,
De la tenir toujours : à votre main mourante
Elle échappe déjà.

Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ;
Il aura sillonné votre vie un moment ;
En tombant vous pourrez emporter dans l’abîme
Votre éblouissement.

Et quand il régnerait au fond du ciel paisible
Un être sans pitié qui contemplât souffrir,
Si son oeil éternel considère, impassible,
Le naître et le mourir,

Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même,
Qu’un mouvement d’amour soit encor votre adieu !
Oui, faites voir combien l’homme est grand lorsqu’il aime,
Et pardonnez à Dieu !

SS 2005 exclusive copyright

SS 2005 exclusive copyright

Face cachée…..

Parler de fesses, c’est désexualiser l’anatomie. On dit fesses pour ne pas dire cul. On caresse les fesses pour ne pas plonger plus profond. Mais les fesses appellent. Quémandent. On est bien obligé de regarder ce soir ce qu’elles ont à nous offrir. Arte, 22h10 : La face cachée des fesses.

Des fesses, nous imaginons en premier les formes rebondies qui ornent idéalement notre corps par l’arrière. Mais les fesses ont un secret, un noir secret logé en leur creux.

Et c’est peut-être parce qu’elles le cachent soigneusement derrière deux rondeurs bien charnues qu’on a fini par oublier que le mot fesse désigne plutôt le creux que le plein.  “La face cachée des fesses” : “Le mot fesses vient du latin fissa qui veut dire “fente”, c’est donc le creux entre les fesses et non pas les deux proéminences griasseuses”, explique Philippe Comar, professeur de morphologie à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts. Autrement dit, les Romains voyaient la fesse concave, alors que nous la voyons convexe. Ils allaient à l’intérieur des choses. “Une étymologie comparable est celle du mot sein, qui vient de sinus qui signifie “creux”. Dans les deux cas, c’est une étymologie en négatif”, ajoute Philippe Comar.  Nous, dégénérés que nous sommes, ne jugeons plus le corps que sur ses courbes superficielles et sur ce qui dépasse, ignorant la délicate mécanique interne du plaisir… Dans un documentaire de 56 minutes, réalisé par deux journalistes spécialisés en histoire de l’art – Caroline Pochon et Allan Rothschild – Arte réhabilite la fesse, la vraie, c’est à dire celle qui abrite en son coeur une fleur palpitante dont l’usage sexuel a trop longtemps été dénigré.

Fesses cela veut dire “ce qui est fendu”, insiste Alina Reyes. Les fesses c’est par deux, comme la nuit, le jour : l’homme, la femme ; le ciel, la terre… Toute oeuvre consiste toujours à départager ce qui est confus, afin de pouvoir, une fois la distinction faite, aller vers une union d’amour. Elles sont deux et fendues, mais en même temps donnent une sensation de pénitude merveilleuse quand on les contemple ou qu’on les touche.” Dans toutes les créations du monde et les cosmogonies, on retrouve en effet la même idée originelle : au début, il n’y a qu’une masse indifférenciée, une unité que l’on  compare à un grand vide, à un espace infini, une plaine, une vastitude… Puis vient l’acte de séparation : la terre et le ciel. Le jour et la nuit. La femelle et le mâle. C’est dans en coupant le monde en deux que l’on rend possible la procréation, l’enfantement, la multiplication des choses et surtout… l’amour. Les fesses symbolisent idéalement cette notion. Qu’on soit homme ou femme, hétéro ou homo, on possède tous un orifice entre deux monticules pudiques. Seul le diable n’a pas de fesse ! Suivant certaines croyances médiévale, c’est à son absence de fesses qu’on peut reconnaitre le cornu : il exhibe son trou, platement, dans un cul absent, qui laisse l’anus à ciel ouvert.

Les fesses, donc, servent de cache-rectum. “Parler des fesses, c’est implicitement faire l’impasse sur le cul, raconte Xavier Girard. La rotondité des fesses, leur luminosité, leur éclat, leur caractère tendu et offert, opposent très clairement le bvu et le non-vu. Les fesses, c’est ce qui se voit”. Et derrière les fesses, que la langue française compare judicieusement à la lune, il y a la face cachée, les pulsions, les envies, les choses qu’on excrète et qu’on absorbe, qu’on digère et qu’on expulse, tout ce monde obscur de satisfactions, de circulation et de métamorphoses. Jean-Luc Hennig (auteur de la Bible d’érudition Brève Histoire des Fesses, récemment réédité aux édtions Zulma) le rappelle fort à propos : “Les fesses dissimulent ce qu’on ne maîtrise pas. On maîtrise son visage, ses mains, quand on est de face. Les fesses, on ne les maîtrise pas.” Il était temps de les réhabiliter. Ces portes encloses sur le plus beau trésor du monde, celui qui met tout le monde à égalité, homme et femme, hétéro et homo.

eric battistelli – FACES
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My songs

On ne peut pas réparer la chair qui a  été blessée, on  ne se console pas  de l’absence de  nos morts.
Je rejoins les miens, loin des démons…….

On ne peut pas réparer la chair qui a été blessée, on ne se console pas de l’absence de nos morts.

Je rejoins les miens, loin des démons…….

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Démocratie?

Le commandant Matelly est viré de la gendarmerie

Le chef d’escadron Jean-Hugues Matelly a été radié des cadres de la gendarmerie nationale par “mesure disciplinaire” par un décret du président de la République, nous apprend l’AFP. Cette mesure, qui fait l’objet d’un décret du 12 mars, a été “signifiée ce jeudi” à l’intéressé, a précisé son avocat Me David Dassa-Le Deist. La Direction générale de la gendarmerie a été prévenue de cette décision le 22 mars. L’officier ne sera plus gendarme dès ce soir minuit. Si la décision est éxécutoire, il reste des voies de recours auprès du Conseil d’Etat; d’abord en référé puis sur le fond. Interrogé par nos soins, le commandant Matelly se déclare “surpris et atterré. Surpris par ce qu’après plusieurs mois d’attente,j’espérais que la sagesse l’emporterait. Atterré  par la gravité de la sanction par rapport aux faits qui me sont reprochés”. Courant octobre 2009, un conseil d’enquête de la gendarmerie avait proposé la “radiation des cadres” de cet officier supérieur visé par une procédure disciplinaire pour “manquement grave” à son obligation de réserve. La décision de suivre la proposition de sanction appartenait en dernier ressort au président de la République. Connu pour ses positions contestataires au sein de la Gendarmerie, très proche du forum Gendarmes et citoyens, Jean-Hugues Matelly est sanctionné pour s’être prononcé publiquement contre le rapprochement police-gendarmerie et le rattachement de son arme au ministère de l’Intérieur. L’officier expliquait s’être exprimé comme chercheur associé au CNRS, ce qu’il est également, au sein du Cesdip, un groupe animé par le sociologue Laurent Mucchielli, très hostile à la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Jean-Hugues Matelly avait pourtant reçu également le soutien d’Alain Bauer, un proche et conseiller du chef de l’Etat, mais cela ne semble pas avoir suffi. Cette sanction est rarissime. Même si Matelly était assez isolé au sein de la Gendarmerie, elle risque d’attiser les tensions dans un corps qui vit très mal son rapprochement forcé avec la Police. Cet officier est sanctionné pour s’être exprimé. Dans un contexte bien plus grave, le général de Bollardière n’avait pas été rayé des cadres, à la suite de ses propos dénonçant la torture en Algérie, qui lui avait pourtant deux mois de forteresse. Quant aux officiers de gendarmerie, condamnés au pénal dans l’affaire des paillotes corses, ils n’ont pas fait l’objet de sanctions disciplinaires.

L’AMOUR ET LA MORT

L’amour et la mort

(A M. Louis de Ronchaud)

I

Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l’un de l’autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu’osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.

Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu’un élan d’espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu’au néant vous jetez, dans l’ivresse
D’un instant de bonheur ?

Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : “Aime et meurs ici-bas ! ”
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n’échapperez pas.

Eh bien ! puisqu’il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l’immense Nature,
Aimez donc, et mourez !

II

Non, non, tout n’est pas dit, vers la beauté fragile
Quand un charme invincible emporte le désir,
Sous le feu d’un baiser quand notre pauvre argile
A frémi de plaisir.

Notre serment sacré part d’une âme immortelle ;
C’est elle qui s’émeut quand frissonne le corps ;
Nous entendons sa voix et le bruit de son aile
Jusque dans nos transports.

Nous le répétons donc, ce mot qui fait d’envie
Pâlir au firmament les astres radieux,
Ce mot qui joint les coeurs et devient, dès la vie,
Leur lien pour les cieux.

Dans le ravissement d’une éternelle étreinte
Ils passent entraînés, ces couples amoureux,
Et ne s’arrêtent pas pour jeter avec crainte
Un regard autour d’eux.

Ils demeurent sereins quand tout s’écroule et tombe ;
Leur espoir est leur joie et leur appui divin ;
Ils ne trébuchent point lorsque contre une tombe
Leur pied heurte en chemin.

Toi-même, quand tes bois abritent leur délire,
Quand tu couvres de fleurs et d’ombre leurs sentiers,
Nature, toi leur mère, aurais-tu ce sourire
S’ils mouraient tout entiers ?

Sous le voile léger de la beauté mortelle
Trouver l’âme qu’on cherche et qui pour nous éclôt,
Le temps de l’entrevoir, de s’écrier : ” C’est Elle ! ”
Et la perdre aussitôt,

Et la perdre à jamais ! Cette seule pensée
Change en spectre à nos yeux l’image de l’amour.
Quoi  ! ces voeux infinis, cette ardeur insensée
Pour un être d’un jour !

Et toi, serais-tu donc à ce point sans entrailles,
Grand Dieu qui dois d’en haut tout entendre et tout voir,
Que tant d’adieux navrants et tant de funérailles
Ne puissent t’émouvoir,

Qu’à cette tombe obscure où tu nous fais descendre
Tu dises : ” Garde-les, leurs cris sont superflus.
Amèrement en vain l’on pleure sur leur cendre ;
Tu ne les rendras plus ! “

Mais non ! Dieu qu’on dit bon, tu permets qu’on espère ;
Unir pour séparer, ce n’est point ton dessein.
Tout ce qui s’est aimé, fût-ce un jour, sur la terre,
Va s’aimer dans ton sein.

III

Eternité de l’homme, illusion ! chimère !
Mensonge de l’amour et de l’orgueil humain !
Il n’a point eu d’hier, ce fantôme éphémère,
Il lui faut un demain !

Pour cet éclair de vie et pour cette étincelle
Qui brûle une minute en vos coeurs étonnés,
Vous oubliez soudain la fange maternelle
Et vos destins bornés.

Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires
Seuls au Pouvoir fatal qui détruit en créant ?
Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères
En face du néant.

Vous dites à la Nuit qui passe dans ses voiles :
” J’aime, et j’espère voir expirer tes flambeaux. ”
La Nuit ne répond rien, mais demain ses étoiles
Luiront sur vos tombeaux.

Vous croyez que l’amour dont l’âpre feu vous presse
A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ;
La fleur que vous brisez soupire avec ivresse :
“Nous aussi nous aimons !”

Heureux, vous aspirez la grande âme invisible
Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ;
La Nature sourit, mais elle est insensible :
Que lui font vos bonheurs ?

Elle n’a qu’un désir, la marâtre immortelle,
C’est d’enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor.
Mère avide, elle a pris l’éternité pour elle,
Et vous laisse la mort.

Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ;
Le reste est confondu dans un suprême oubli.
Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître :
Son voeu s’est accompli.

Quand un souffle d’amour traverse vos poitrines,
Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus,
Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines
Vous jettent éperdus ;

Quand, pressant sur ce coeur qui va bientôt s’éteindre
Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas,
Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre
L’Infini dans vos bras ;

Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure
Déchaînés dans vos flancs comme d’ardents essaims,
Ces transports, c’est déjà l’Humanité future
Qui s’agite en vos seins.

Elle se dissoudra, cette argile légère
Qu’ont émue un instant la joie et la douleur ;
Les vents vont disperser cette noble poussière
Qui fut jadis un coeur.

Mais d’autres coeurs naîtront qui renoueront la trame
De vos espoirs brisés, de vos amours éteints,
Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme,
Dans les âges lointains.

Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,
Se passent, en courant, le flambeau de l’amour.
Chacun rapidement prend la torche immortelle
Et la rend à son tour.

Aveuglés par l’éclat de sa lumière errante,
Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea,
De la tenir toujours : à votre main mourante
Elle échappe déjà.

Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ;
Il aura sillonné votre vie un moment ;
En tombant vous pourrez emporter dans l’abîme
Votre éblouissement.

Et quand il régnerait au fond du ciel paisible
Un être sans pitié qui contemplât souffrir,
Si son oeil éternel considère, impassible,
Le naître et le mourir,

Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même,
Qu’un mouvement d’amour soit encor votre adieu !
Oui, faites voir combien l’homme est grand lorsqu’il aime,
Et pardonnez à Dieu !

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Face cachée…..

Parler de fesses, c’est désexualiser l’anatomie. On dit fesses pour ne pas dire cul. On caresse les fesses pour ne pas plonger plus profond. Mais les fesses appellent. Quémandent. On est bien obligé de regarder ce soir ce qu’elles ont à nous offrir. Arte, 22h10 : La face cachée des fesses.

Des fesses, nous imaginons en premier les formes rebondies qui ornent idéalement notre corps par l’arrière. Mais les fesses ont un secret, un noir secret logé en leur creux.

Et c’est peut-être parce qu’elles le cachent soigneusement derrière deux rondeurs bien charnues qu’on a fini par oublier que le mot fesse désigne plutôt le creux que le plein.  “La face cachée des fesses” : “Le mot fesses vient du latin fissa qui veut dire “fente”, c’est donc le creux entre les fesses et non pas les deux proéminences griasseuses”, explique Philippe Comar, professeur de morphologie à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts. Autrement dit, les Romains voyaient la fesse concave, alors que nous la voyons convexe. Ils allaient à l’intérieur des choses. “Une étymologie comparable est celle du mot sein, qui vient de sinus qui signifie “creux”. Dans les deux cas, c’est une étymologie en négatif”, ajoute Philippe Comar.  Nous, dégénérés que nous sommes, ne jugeons plus le corps que sur ses courbes superficielles et sur ce qui dépasse, ignorant la délicate mécanique interne du plaisir… Dans un documentaire de 56 minutes, réalisé par deux journalistes spécialisés en histoire de l’art – Caroline Pochon et Allan Rothschild – Arte réhabilite la fesse, la vraie, c’est à dire celle qui abrite en son coeur une fleur palpitante dont l’usage sexuel a trop longtemps été dénigré.

Fesses cela veut dire “ce qui est fendu”, insiste Alina Reyes. Les fesses c’est par deux, comme la nuit, le jour : l’homme, la femme ; le ciel, la terre… Toute oeuvre consiste toujours à départager ce qui est confus, afin de pouvoir, une fois la distinction faite, aller vers une union d’amour. Elles sont deux et fendues, mais en même temps donnent une sensation de pénitude merveilleuse quand on les contemple ou qu’on les touche.” Dans toutes les créations du monde et les cosmogonies, on retrouve en effet la même idée originelle : au début, il n’y a qu’une masse indifférenciée, une unité que l’on  compare à un grand vide, à un espace infini, une plaine, une vastitude… Puis vient l’acte de séparation : la terre et le ciel. Le jour et la nuit. La femelle et le mâle. C’est dans en coupant le monde en deux que l’on rend possible la procréation, l’enfantement, la multiplication des choses et surtout… l’amour. Les fesses symbolisent idéalement cette notion. Qu’on soit homme ou femme, hétéro ou homo, on possède tous un orifice entre deux monticules pudiques. Seul le diable n’a pas de fesse ! Suivant certaines croyances médiévale, c’est à son absence de fesses qu’on peut reconnaitre le cornu : il exhibe son trou, platement, dans un cul absent, qui laisse l’anus à ciel ouvert.

Les fesses, donc, servent de cache-rectum. “Parler des fesses, c’est implicitement faire l’impasse sur le cul, raconte Xavier Girard. La rotondité des fesses, leur luminosité, leur éclat, leur caractère tendu et offert, opposent très clairement le bvu et le non-vu. Les fesses, c’est ce qui se voit”. Et derrière les fesses, que la langue française compare judicieusement à la lune, il y a la face cachée, les pulsions, les envies, les choses qu’on excrète et qu’on absorbe, qu’on digère et qu’on expulse, tout ce monde obscur de satisfactions, de circulation et de métamorphoses. Jean-Luc Hennig (auteur de la Bible d’érudition Brève Histoire des Fesses, récemment réédité aux édtions Zulma) le rappelle fort à propos : “Les fesses dissimulent ce qu’on ne maîtrise pas. On maîtrise son visage, ses mains, quand on est de face. Les fesses, on ne les maîtrise pas.” Il était temps de les réhabiliter. Ces portes encloses sur le plus beau trésor du monde, celui qui met tout le monde à égalité, homme et femme, hétéro et homo.

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Emotion in motion

La nausée

Impliqué politiquement depuis de nombreuses années, je regarde le pays où je vis évoluer à travers mon reflex. Je n'aime pas ce qui s'y passe aujourd'hui, les dénis dans tous les domaines, la vulgarité et la bêtise au pouvoir et ailleurs.

Les êtres stupides, qui nous dirigent, flirtent en permanence avec les fondements de notre république, cela suffit. Laïcité, droits de la presse, insultes, quid des sectes, quid de l'image de la France à l'étranger.

Essayons de contribuer par l'image et les mots à changer cet état, qui je l'espère n'est que temporaire.

Nous sommes aujourd'hui entré en résistance, une résistance non violente, il en va de l'avenir de notre démocratie, de ses fondements.

Mobilisons nous dans le calme en argumentant.
Les mots ont parfois une force que beaucoup trop de gens ignorent.

" Tout ce qui peut être fait un autre jour, le peut être aujourd'hui. " Montaigne

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